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CABINET D'EPOQUE RENAISSANCE

Origine : FRANCE, VAL DE LOIRE

Epoque : XVIe SIECLE, VERS 1580

Dimensions :

Corps supérieur  
Hauteur : 73.5 cm
Largeur : 91 cm
Profondeur : 40 cm

Corps inférieur
Hauteur : 99 cm
Largeur : 112 cm
Profondeur : 47 cm

Hauteur totale : 237 cm

Bois de noyer clair, couleur miel
Parfait état de conservation

Ce cabinet d'époque XVIe à deux corps superposés en retrait, ouvre à quatre vantaux sculptés de personnages mythologiques. Ils sont disposés dans un élément architecturé surmonté d’un fronton. Ce cabinet présente quatre tiroirs sur deux registres.
Il est couronné d'un fronton circulaire dans la brisure duquel apparaît l'élément central d'un arc de triomphe.

Le Corps Inférieur

Il repose sur une base moulurée portée par des pieds-boule aplatis.

Scandé de façon ternaire par des termes masculins à la gaine garnie de chutes de fruits et de fleurs, il ouvre à deux vantaux sculptés d'un édicule à fronton encadré de chimères à tête d'aigle adossées aux montants, abritant une niche. Celle de gauche est occupée par la figure de Jupiter brandissant le foudre.

Celle de droite présente un personnage masculin nu très semblable, les deux mains jointes au-dessus de la tête. Ce qu'il tenait dans les mains pourrait être le foudre si on en juge par un petit élément subsistant. Serait-ce Prométhé qui avait dérobé le feu de Jupiter et fut condamné à être la proie d'un aigle qui lui dévorait le foie en permanence ? Jupiter lui infligea ce châtiment parce qu'il avait livré aux hommes le feu dont le dieu était seul détenteur.

Au-dessus, sur la ceinture scandée de trois têtes, le cabinet ouvre à deux tiroirs ornés de rinceaux feuillagés.

Les côtés du corps inférieur sont ornés d'une rosace centrale reliée à deux demi-rosaces par un ruban.

Le Corps Supérieur

Le corps supérieur, en fort retrait, est divisé en plusieurs registres par des plateaux légèrement débordants. Trois colonnes à chapiteau corinthien et fût lisse présentent en partie basse un décor finement sculptée.

Le premier registre ouvre à deux tiroirs sculptés au centre d’un masque aux grandes oreilles pointues, ornées de boucles d'oreilles en forme de goutte, et de rinceaux feuillagés.

Ces tiroirs possèdent une technique de fermeture secrète. Si on introduit dans le corps central une cheville qui traverse le fond et entre dans le bord du tiroir, ces deux rangements sont condamnés à l'ouverture, et sont d'autant plus discrets qu'ils ne présentent ni prise évidente, ni serrure.

Au-dessus, le corps central ouvre à deux vantaux sculptés des mêmes édicules déjà vus au corps inférieur, cantonnés de chimères à tête d'aigle, et portant dans les niches, à gauche une statue de Vénus accompagnée de Cupidon et à droite une figure de Mercure.
Vénus est représentée nue portant le vase dans lequel brûle le feu de l'Amour.
Mercure, fils et messager de Jupiter
, est identifiable à ses chaussures ailées et au pétase, coiffure ailée, dont il est coiffé. Il porte ici une trompette, comme dans les représentations où il escorte Psyché aux cieux où elle va épouser Cupidon. Il évoque le type du jeune grec gracieux et athlétique, mais aussi l'éloquence et la raison, incarnant ainsi l'idéal cultivé de la Renaissance.

Au-dessus, l'architrave présente un même décor répété deux fois: un écu posé sur un cuir enroulé est présenté par deux putti aux longs cheveux et au corps métamorphosé en rinceau feuillagé terminé par une fleur.
L’architrave est surmontée par une fine corniche débordante.

Ce riche cabinet est couronné par un large fronton circulaire brisé portant en acrotère deux figures, l'une masculine, l'autre féminine. Dans la brisure, un élément d'arc de triomphe encadré de deux colonnes corinthiennes et cantonné de deux chimères à tête et buste féminin, abrite dans sa niche une statue de Minerve, déesse de la Sagesse, tenant son bouclier frappé de la face de Méduse.

Au sommet de l'élément triomphal, se dresse, casqué et en tenue de combattant romain, Mars dieu de la guerre.

Ce rare cabinet de qualité exceptionnelle à la riche iconographie, est une parfaite représentation, sur du noyer, du travail en miniature d'un orfèvre ou d'un ivoirier. La sculpture nerveuse et de grande qualité dénote la main d'un grand maitre.

ANALOGIE

Quoique du Val de Loire par ses proportions, ce cabinet a aussi été inspiré par le travail d'Hugues Sambin, menuisier à Dijon, à qui l'on doit la Cloture de la Chapelle du Saint Esprit au Palais de Justice de Dijon, œuvre qui lui a été payée en 1583. On y trouve notamment des termes portant des corbeilles de fruits comme sur notre meuble.