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MICHEL KIRILIUK

Michel Kiriliuk est né à Casablanca en 1952 d’un père russe et d’une mère italienne. Il quitte l’école à 16 ans pour se consacrer au travail manuel, et entre dans un atelier qu’il quitte à 22 ans.

Il se lance dans la restauration de mobilier et finit par créer son premier meuble en aluminium, un bar qu’il vend à des collectionneurs aux Etats-Unis.
Depuis, Michel Kiriliuk est devenu sculpteur, architecte d’intérieur et designer.

Il créé à l’écart des courants artistiques une oeuvre profondément originale et protéiforme.
Chaque meuble, chaque objet, chaque sculpture est une pièce unique.
L’artiste oscille entre la création de mobilier et la sculpture pure.

L’artiste travaille chez lui, à l’air libre, hiver comme été, sur un établi sur lequel il forge à froid le métal qu’il façonne ensuite au marteau et à l’enclume. Pour les torsions elles se font au chalumeau. Il concasse aussi des morceaux de verre au marteau comme un silex. Chaque élément est pensé puis découpé mais il ne fait jamais de croquis ou de plans. La base est en métal et laiton puis il agrémente l’ensemble au fil de son inspiration. Au début il travaille assez vite maîtrisant totalement sa technique puis quand la base est réalisée il laisse libre cours à son imagination.

C’est à ce moment là que commence le travail d’orfèvre où il recherche les multiples combinaisons de matières et de patines afin d’arriver à sa perfection. Aujourd’hui l’artiste nous confie qu’il n’a plus aucun problème de technique cependant, il cherche à être sûr du résultat car « c’est un cadeau pour les autres ».

« La technique c’est une chose qui aide à passer à la réalité de ses intentions. Mais seule la charge qui émane des oeuvres en fait leur valeur émotionnelle » M. Kiriliuk

Au début il crée des lampadaires tripodes,
« Luminaire  Galaxie articulée » 1985
« Luminaire en faisceau argenté  et doré»
« Luminaire en vaisseaux tripode pompons et glands » 1994,
« Luminaire tripode » 2000

Des appliques, « Grande Paire d’appliques » 1999
Des miroirs « Glace soleil miroir de sorcière » 2005, « Glace Adam et Eve » 2007

des tables basses :
« Table basse multiplans « Arabesques » » 1996,
« Table basse articulée » de 1990 une pièce à couvercle articulé, une autre s’ouvrant par rotation,
« Table basse trois pieds en bois de palmier, verre et laiton » 2009

ou hautes :  « Guéridon « Galaxie » » 1987

Les consoles il en réalise depuis le début suivant le chemin qui mène vers une plus grande complexité :
« Console » 1987 
« Console, une sphère et trois triangles» 1995

et les deux consoles exceptionnelles par la richesse de leur forme :

« Console Bijou I » 2001 «  Console Bijou II » 2003 (Collection Gabrielle Laroche)

Il utilise le laiton, obtenant des effets de matière par apport de métal (brasure de laiton  et brasure d’argent) et de la dalle de verre coulée sur lit de sable, dans de fortes épaisseurs(de 22mm à 70 mm) gravé, éclaté et poli.
C’est dans cet esprit qu’il réalise les deux consoles Bijou I et Bjou II sur lesquelles le laiton au tracé tortueux et secret enserre les blocs de verre éclaté.

En même temps, il continue sa recherche sur la sculpture pure car il ne veut pas qu’on le considère uniquement comme un designer. C’est pourquoi, il a réalisé une série importante de masques en ébène avec des incrustations qu’il a exposé avec succès dans la section des sculptures au Salon d’Automne ( 1998-2000-2001-2002-2003-2004-2006)

«  L’Invitée d’Andréou » 1998,  « L’Indécise »  2000,  « Visage Adam et Eve » 2007,  « Eclipse » 2009 .

Parmi ses dernières créations, il ne faut pas oublier la série de six sculptures, pièces uniques, les « coffrets-bijou » agrémentés soit de  cristal de roche soit de boules de verre, 2009.

A l’heure actuelle, il a décidé de créer en  2008 une œuvre  dédié à Garry Kasparov, l’illustre champion mondial d’Echecs, comme cette fabuleuse « Table Jeux d’Echecs »  au piétement aussi fascinant que le jeu lui-même.

 

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Michel Kiriliuk est un artiste rare, un véritable alchimiste qui n’a pas d’autres maîtres que l’expérimentation et l’innovation. Autodidacte, il obéit à ses mains et aux fulgurances de son esprit, motivé par un amour de la matière et des formes que trahissent parfaitement ses pièces uniques. Tels ceux qui cherchaient à accomplir le grand œuvre Kiriliuk lui aussi transforme, transmute la matière. Il nie la pesanteur, les lois de la physique. Les fragments de dalle de verre qu’il incorpore à ses créations sont aériens. Son laiton est de soie, fluide et souple.

Quand la sculpture est d’ordinaire le jeu des lumières et des ombres, ce que Kiriliuk propose ce sont des éclats, des étincelles qui brillent là où l’obscurité devrait se loger. Les métaux et les verres sont conjugués pour attraper la lumière. Ils sont magnifiés par l’accidenté des surfaces et cette absence de planéité confère à ses œuvres une dimension naturelle, comme des reliefs géologiques.

Car il y a quelque chose d’hautement minéral chez Kiriliuk. Ses œuvres s’ancrent, elles pèsent autant qu’elles s’envolent. Par la maîtrise de ses compositions, par l’équilibre des silhouettes, ce que livre Kiriliuk ce sont des jets dynamiques, animés. Ses luminaires tripodes évoquant des stalagmites d’un autre temps, son « Soleil Couchant » étonnamment paisible malgré la violence de ses détails ou encore son « Kiriliuk vs Kasparov » aux détails mobiles, vivants.

Son répertoire est celui de l’éternel. Miroir, console, luminaires et jeu d’échec sont autant de constantes dans l’univers de l’intérieur, des éléments de tout âges. Ainsi il renouvelle ces permanences, il en fait de nouvelles propositions, résolument novatrice. C’est un mobilier créé dans un autre univers. Autant immuable que futuriste, hors du temps et hors des styles. Ces meubles et décors qui accompagnent l’Homme depuis des siècles et des siècles parviennent à révéler une nouvelle part d’eux-mêmes, signe s’il en faut de la grande maestria de leur auteur.